Revenu de base et coopératives de travail

Ça fait quelques temps que je m’intéresse à la question du revenu de base.

À priori, l’idée est séduisante: se libérer de l’obligation de travailler, pouvoir passer son temps à cultiver les arts et les sciences, ou à s’occuper de la famille et des enfants, et avoir quand même l’argent nécessaire pour vivre.

Si on regarde un peu plus en détail, on note quelques points à approfondir.

D’abord, pour les partisans du revenu de base, le travail est quelque chose de laquelle il faut se libérer: la vie professionnelle est représentée comme une corvée où il faut tous les jours se lever tôt, courir pour être à l’heure au bureau et y passer 8 heures par jour en attendant la sortie.

http://www.youtube.com/watch?v=ZKkDslHg3a4
http://www.youtube.com/watch?v=bek1y2uiQGA

Au contraire, j’ai rencontré pas mal de personnes très heureuses de leur travail: ils étaient passionnés de quelque chose, ils avaient étudié tout ce qu’ils pouvaient sur l’objet de leur passion, et maintenant il y avait plein de gens qui était prêts à les payer pour avoir leur expertise. Finalement, la recette pour un travail heureux est simple:

  • Avoir une passion pour quelque chose.
  • Connaître le plus possible sur sa propre passion, et devenir un expert dans son domaine de prédilection.
  • Vendre les capacités acquises.

Et si on manque d’inspiration, par ici il y a 42 manières de gagner sa vie et voyager.

Comme second point dans l’argumentaire des partisans du revenu de base il y a la conviction que sans le travail, on peut améliorer le monde. Si on pense au travail selon le schéma passion => expertise => vente, on voit plutôt que sans le travail, on peut se permettre d’être inefficaces dans notre envie d’améliorer le monde. On est libres de faire des réunions qui ne mènent à rien, de lancer des projets bancals qui ne marcheront jamais, de proposer des solutions qui ne résolvent aucun problème.

On serait même libres de proposer des solutions qui empirent le monde au lieu de l’améliorer: arrêter illégalement des centrales nucléaires, interrompre des match de football, incendier des McDonalds… (à la limite, même ces actions dérangeantes pourraient être une source de revenu: payer des gens pour endommager des infrastructures et incendier des commerces fait partie du business plan de la mafia…)

Donc, face à un revenu de base qui ne semble pas tenir ses promesses, quelles pourraient être des formes de travail solidaires, qui puissent garantir un travail heureux et un salaire digne à tout le monde? Personnellement, je suis plutôt partisan de la coopérative de travail et du travail de base universel. 

La coopérative de travail permet de collectiviser le parcours passion => expertise => vente: ce sont plusieurs personnes qui deviennent expertes dans un domaine de leur prédilection, et qui toutes ensemble vendent des produits et services à grande échelle.

Le travail de base universel permet de repartir le travail disponible dans une coopérative selon des critères équitables. De tout le travail disponible, chaque travailleur prend une partie correspondant à son besoin. S’il y a moins de travail, tout le monde travaille moins, s’il en a plus, tout le monde travaille plus: et dans les deux cas, il n’y a pas de chômage.

Un exemple pratique d’application de la coopérative de travail et du travail de base universel est le village de Marinaleda, dans le sud de l’Espagne. Ci dessous, une vidéo qui explique sont fonctionnement.

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