Le voyage: de la vitesse à l’experience

Dans le 20ème siècle,  le souci principal dans la conception du voyage était la vitesse: plus vite, plus loin, plus vite, avec moins de fatigue possible, étaient le mots à l’ordre du jour.  Maintenant, la vitesse et la facilité d’usage sont des données acquis, et le vrai status symbol est devenu l’expérience. Des produits fabriqués de façon artisanale, des voyages où on est libre de regarder le paysage, des vacances où on peut faire des nouvelles connaissances… bref, le futur va nous reserver des surprises interessantes. Ici un aperçu des tendances actuelles, et ci-dessous deux articles sur le reapport entre vitesse et experience dans le voyage en avion.

Les flux n’impliquent pas la rencontre
Les gares et les aéroports sont des lieux de foules, mais sont-ils pour autant des lieux de rencontre ? En montant ou descendant d’un avion ou d’un train, on ne voit que le dos des gens.
Les gestionnaires de ces lieux attendent des architectes d’organiser des flux indépendants. Dans aucun des aéroports que j’ai conçus, on ne m’a demandé de faire se croiser les gens. Au sein de ces flux les seules rencontres face-à-face d’un voyageur, ce sont les commerçants et les panneaux de publicité. La publicité et le commerce ont leur place. Le commerce a toujours eu une fonction de sociabilisation et d’échange, mais il ne génère pas la rencontre.
Les nouveaux aéroports sont un peu comme les autoroutes. Pour éviter que les voitures ne se percutent, risquent un accident, on a bâti des échangeurs. C’est plus sûr, mais ce faisant on élimine la rencontre.
(Paul Andreu – via Transit City)

« L’avion, c’est utile, mais je ne cherche pas l’utile quand je voyage. L’utile m’ennuie. Moi, je préfère le rêve. Si on ne rêve pas on ne peut pas vivre, et si il y a bien un moyen de transport qui aujourd’hui a tué le rêve du voyage, c’est bien l’avion. Quand on est enfant on n’aime pas les cadeaux utiles, on aime les cadeaux qui font rêver. Et bien moi je suis resté un gosse, et je veux que les moyens de transports me fassent rêver, et pas seulement qu’ils me transportent. Il n’y a aucune poésie dans le voyage en avion. Aujourd’hui grâce à l’avion on part plus loin et plus vite, mais le voyage en lui même est une horreur. On est prisonnier dès son arrivée à l’aéroport. Les salles d’attentes d’aéroports sont aussi sinistres que l’intérieur des avions. Ce sont simplement des enfilades de sièges. Vous rejoignez l’avion par un bras télescopique ; on ne voit plus rien, on ne sent plus rien ; tout est aseptisé, fonctionnel pour embarquer et débarquer les passagers toujours plus vite. On est loin du voyage. »
(entretien Claude Villers/François Bellanger – via Transit City)

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