Archives de Tag: voitures

San Francisco, 100 ans après

Que se passe-t-il dans une ville en 100 ans? Comment changent-ils l’espace public et sa perception? Quels aspects de la ville tend-on à privilégier quand on doit la décrire?

Pour entamer une réflexion sur tout ça, voici deux vidéos: la scène est  toujours la même, la Market Street de San Francisco, mais entre les deux il y a presque 100 ans de différence:

Donc, voici la première vidéo, de 1906:

et la deuxième, de 2005:

Même si entre les deux vidéo il y a eu le tremblement de terre de 1906, on aurait de la peine à en reconnaitre les traces: le bâtiment principal, le Ferry Building est toujours là, et les autres bâtiments ont été reconstruits aux mêmes endroits.

Le gros changement vient plutôt de la motorisation de masse: plus fort que le tremblement de terre, elle a imposé une redéfinition de l’espace public. Si en en 1906 l’ espace était partagé entre piétons, voitures et tramways, en 2005 l’espace est hiérarchisé: les tramways au centre, puis les voitures et enfin les piétons.

Très différent est aussi le regard porté sur les différents modes de transport. En 1906 l’accent était sur les voitures, qui zigzaguent exprès devant la camera, tandis que en 2005, le protagoniste de la vidéo est le vélo, seul moyen de transport à pouvoir utiliser tout l’espace public!

Si le thème vous intéresse, je vous conseille cet article de "All About Cities" sur le retour du vélo comme protagoniste de l’espace public, et cette collection de photo Avant/Après, sur Martouf.ch.

BMW se lance dans les Transports Publics

Il y a quelques temps, j’avais vu une publicité de Renault qui m’avait fait beaucoup réfléchir. Pour mémoire, la pub était celle-ci:

Comme eux-mêmes disent, la voiture a beaucoup changé notre façon de vivre: elle nous a permis de faire des vacances hors des sentiers battus, de faire nos courses une fois par semaine,  de nous donner une autonomie jamais vue.  Mais en contrepartie nous a donné toute une série d’inconvénients (embouteillages, pollution, accidents, perte de qualité des espaces publics) auxquels les gents commencent à donner de plus en plus d’importance.

Quoi faire, donc? Pour Renault, est juste suffisant de produire des voiture plus belles, avec plein de nouveautés, en espérant de séduire une dernière fois une clientèle en train d’aller ailleurs.

Des autres marques, notamment BMW, ont choisi une autre stratégie, et ont suivi leur clientèle là où elle était en train d’aller. Et a prodiut le train urbain INSPIRO, résultat d’une collaboration entre ses designers de DesignWorks USA et le groupe Siemens:

(image: inhabitat.com)

Et après BMW, qui sera le prochain? Voyagerons-nous bientôt dans des trains et des bus signés Porsche ou Ferrari?

Le nouveau spot de Renault (et un final alternatif que j’aimerais voir)

À Genève, Mars est le mois du salon de l’auto. Sur tous les journaux et toutes les chaînes de télévision, on ne parle que de ça: on juge les nouveaux modèles, on analyse les nouvelles tendances, on discute sur quel serait-il le futur de la voiture…

Et, au même temps, c’est l’occasion, pour la plupart des marques automobiles, de sortir leur nouvelles campagnes de publicité. Entre autres, je trouve très emblématique celle de Renault:

Une campagne qui représente bien l’esprit qui règne dans la branche automobile: on sent bien que on n’est plus le rêve du consommateur moyen, et donc on cherche de se justifier en proposant la voiture électrique, et en espérant ainsi de séduire à nouveau le consommateur moyen.

Je doute que cette démarche puisse avoir du succès, car  la voiture électrique ne résolve pas aucun des problèmes typiques de l’automobiliste moyen: elle ne permet pas de faire beaucoup de kilomètres avec une recharge, elle reste  piégée dans les bouchons comme toutes autres voitures, elle ne se parque pas plus facilement non plus… les seuls qui pourraient en bénéficier seraient les voisins du client potentiel de Renault, mais je doute de leur pouvoir de conviction.

Et donc, quel pourrait être un bon final pour cette pub? Le produit qui permettra a nous consommateurs de faire la paix avec Renault? Voici ma proposition: le Renault Agora. Un modèle qui existe déjà dans son catalogue, et qui est apprécié quotidiennement par des milliers de personnes:

(image: wikimedia commons)

Donc, je vous invite à un exercice: une fois arrivés vers la fin de la pub ci-dessus, prenez les dernières images et substituez-les avec des images de la flotte bus de Renault, comme par exemple celles-ci:

c’est déjà mieux, non?

À chaque château son jardin

Parfois l’été est une bonne période pour essayer des transformations urbaines sans la peur de trop bouleverser la vie des habitants. c’est le bon moment pour fermer une route au trafic motorisé ou transformer des places de parc en quelque chose d’autre.

Ce dernier cas est celui de la place du Château à Lausanne. Normalement utilisée comme parking, une semaine par année cette place se transforme en scène principale du Festival de la Cité.

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(Photo: flickr by Stephanie Booth)

Cet année, cette transformation a été suivi par une autre, qui restera jusqu’au 24 octobre.

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(Photo: Anoukvogel.nl)

Conçue par l’architecte Anouk Vogel et organisée dans le cadre de Lausanne Jardins 2009, l’installation "À chaque château son jardin" a transformé le temps d’un été la place du Château, de parking pour voitures en parking pour bacs à fleurs.

Et il y a déjà qui dit que ça pourrait être le début d’un aménagement permanent!

stratégie en 3 étapes pour requalifier les zones villas

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(photo: flickr)

Ce mois, la zone villa (et son complément, la voiture) est à l’ordre du jour: des émissions sur le site de la RSR (Voir par exemple , et ), un forum de l’association Ecoparc (j’en avais déjà parle ):  donc, c’est la bonne occasion pour réfléchir sur le sujet et proposer une stratégie en trois étapes pour mettre d’accord autorités et propriétaires.

1 – Requalifier le réseau routier

Une première démarche, réalisable entièrement par le pouvoir public, consiste en la requalification des axes routiers.  Dans plusieurs cas, le choix du mode de transport est influencé par le confort de l’usager.

Commençons en examinant une série de routes que privilégient les automobilistes par rapport aux autres modes de transport.

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Aigle. Les trottoirs sont petits et peu protégés depuis la route.

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Aigle. Route réservée au trafic motorisé .

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Aigle. Traversée interdite (mais les gents traversent quand même).

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Aigle. Passage souterrain, peu attrayant.

Et voici quelques possibles solutions.

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Aigle. Écran d’arbres, trottoir et activités commerciales.

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Aigle. Contre-allée.

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Aigle. Jardin aménagé entre la route (avec arrêt bus) et le centre commercial.

2 – Permettre la mixité

Dans ce cas, la choix reste à nouveau aux autorités. Un bon règlement devrait pouvoir permettre la reconversion des villas et de leurs annexes en nouvelles formes et nouvelles fonctions, afin de garantir une mixité fonctionnelle et des trajets plus courts pour rejoindre les différents services.

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Aigle: la contre-allée pourrait être un lieu idéal pour l’implantation de commerces.

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Un exemple de garage dans une zone villa: un espace bâti qui pourrait être réutilisé en tant que commerce ou atelier. (image: flickr)

3 – Lancer une démarche participative

Les premières deux étapes étaient réservées aux autorités publiques, la troisième est réservée aux privées. Car la villa et la voiture sont avant tout des produits industriels, qui sont produits et vendus à travers une politique de marketing bien établie. Donc, une alternative à la villa individuelle devrait offrir ce qui la villa individuelle n’offre pas: des espaces communs, une communauté vivante, tout en gardant les espaces verts, les possibilités de personnalisation et le contact avec la nature que la villa individuelle nous offre.

La solution pourrait passer par une démarche participative: construire une communauté de Cohousing ou Coworking, organiser des événement pour faire connaitre les habitant potentiels (un voyage de quelques jours serait l’idéale), puis aller tous ensemble vers une coopérative ou un promoteur et construire la maison de nos rêves.

Et la force du groupe permettrait de créer des nouvelles synergies. La communauté pourrait devenir un sujet, capable par exemple de promouvoir, comme une entreprise, des plans de mobilité.

Réqualification des infrastructures automobiles: la Librairie Arion à Rome

Dans les dernières 50 années nous avons construit beaucoup d’infrastructures. Échangeurs routiers, passages souterrains, autoroutes urbaines…toutes infrastructures que maintenant commencent à n’être plus à la mode, et que nécessitent un nouvel usage.

Et donc, voici un exemple: un passage souterrain, creusé dans les années 60 dans la Piazza Fiume à Rome.  Le temps ont changé, traverser la route n’est plus une action impossible (même si à Rome ça reste toujours très dangereuse), et le carrefour a été redessiné avec des nouveaux passages pietons en surface. Quoi faire du vieux passage souterrain? Une librairie!

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Des autres informations sur le site de la librairie.

Tysons Corner construit son centre-ville

"From ancient times, what made a city a city was how it functioned, not how it looked. And this is especially true today, for we have not built a single old-style downtown from raw dirt in seventy-five years."

(Depuis l’antiquité, ce qui rendait "ville" la ville était son fonctionnement, pas sa forme. Et ça est spécialement vrai aujourd’hui, vu que nous n’avons pas construit un centre ville à l’ancienne sur un terrain vierge depuis septante-cinq ans)

(Joel Garreau, Edge City: Life on the New Frontier, 2ème chapitre)

En 1991, Joel Garreau décrivait avec cette phrase les tendances de l’urbanisme aux États-Unis et dans la plupart des pays industrialisés. Fini les centres-villes à l’ancienne, la ville du futur était représenté par les tours de bureaux, les hypermarchés, les villas et les jonctions autoroutières qui on pouvait trouver à la périphérie de n’importe quelle ville. Un des exemples de cette "Vie dans la nouvelle frontière" était Tysons Corner, une zone riche d’espaces tertiaires et commerciaux, mais totalement manquante d’espaces publics (pour la description de Tysons Corner par Joel Garreau, voir ).

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Une rue de Tyson corner (image: Microsoft Virtual Earth)

18 ans après la description enthousiaste de Joel Garreau, Tysons Corner est devenue un exemple des erreurs de planification de l’urbanisme de l’après-guerre: le manque d’espaces publiques force les residents et travailleurs de se déplacer en voiture pour toutes necessités, et les bouchons sont à l’ordre du jour.

Pour corriger les problèmes de la ville, la contée de Fairfax à approuvé un plan directeur que transformera Tysons Corner en "centre-ville à l’ancienne":

  • une nouvelle ligne de métro depuis Washington,
  • davantage d’espaces piétons,
  • un réseau routier plus connecté.

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(image: Tysons Tomorrow)

Après Brasilia, un autre symbole de l’urbanisme du 20ème siècle qui doit se réinventer.

pour en savoir plus:

Du "code de la route" au "code de la rue"

Depuis quelques années, l’usage de la route à changé: à coté des voitures, toute une série de nouveaux moyens de transport non motorisés (rollers, trottinette, nouveaux modelés de vélo) ont pris place dans les route. Par contre, le code de la route a resté tel quel, soucieux des usagers des véhicules motorisés et peu attentif aux besoins de la mobilité douce.

En Belgique le code de la route a récemment été substitué par le code de la rue. Nombreuses sont les nouveautés:

  • l’obligation de prudence du plus fort vis-à-vis du plus faible. Ainsi, le camion doit adapter sa vitesse à l’approche d’une voiture, la voiture à l’approche d’un vélo et le vélo à l’approche d’un piéton.
  • les trottoirs traversants, qui font monter les automobiles lors d’un croisement plutôt que de faire descendre les piétons sur la chaussée.
  • les sens uniques limités, permettant aux vélos de circuler dans les deux sens dans une rue à sens unique pour les automobiles.
  • la prise en compte des engins de déplacement (rollers, trottinettes, etc.), qui doivent suivre les règles des piétons s’ils restent à la vitesse du pas ou les règles des cyclistes lorsqu’ils dépassent cette vitesse.

Le nouveau code de la rue peut etre telechargé ici, de le site de l’Istitut belge pour la securité routiere.

repenser la voiture

(images: wikimedia commons)

Ses lignes ont beaucoup changé et ses performances ont été ameliorés au fil des 150 dernieres années, mais l’automobile reste toujour une evolution des véhicules hippomobiles.  Son évolution technologique et sa  democratisation n’ont nullement influencé le concept de base de vehicule lourd, conçu pour transporter 4-5 personnes ou des marchandises sur des longues distances. Peu à peu, son role a changé, d’outil indispensable à consommatrice vorace d’espace public.

Dans les prochaines années, une reflection sur l’automobile elle même sera necessaire. Probablement nous verrons dans le future moins de voitures ordinaires (2.5 m x 3.5 m, 5 places + bagages) et plus de mini-voitures (comme la Smart, voire plus petites), et moins de voitures particulières et plus de voitures partagées.