Archives de Tag: reflexions

"Sur les moulins" à Denges: transit-oriented ou pas?

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Il y a quelque semaine, j’ai découvert le quartier "sur les Moulins" (plus de détails et ) à Denges, entre Lausanne et Morges. Par rapport à la moyenne des nouvelles réalisations dans le canton, ce projet semble aller vers un développement de type "transit oriented", même s’il y a plusieurs aspects qui me laissent des doutes. Un explication en image aidera à mieux comprendre la question.

Pourquoi ce projet est "transit-oriented"

Parce que c’est un projet mixte. Une visite sur walkscore.com le confirme: ce projet permet aux habitants de faire leurs achats à pieds, sans besoin d’aller en voiture pour toutes nécessités. De plus, il permet de mieux desservir les habitants des quartiers environnants.

Parce qu’il est bien desservi par les transports publics: La ligne 701 des MBC passe juste à côté, et relie le quartier aux hautes écoles, au métro M1 et à la gare de Morges.

Parce qu’il propose des espaces-rue de type traditionnel, notamment:

une contre-allée, comme dans les boulevards parisiens:

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des commerces au rez-de-chaussée:

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Et une articulation intéressante entre rue principale et ruelles secondaires:

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Pourquoi ce projet n’est pas "transit-oriented"

Parce qu’il y a trop de places de stationnement, donc, le projet vise clairement une clientèle possédante une, voire deux voitures par ménage.

Parce que la route commerçante est très peu attrayante, et resemble plus au parking d’un supermarché qu’à une rue commerçante de centre-ville.

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Parce que ce projet ne tient pas assez en compte la route cantonale: une exemple est ce giratoire, que aurait pu être utilisé comme base pour créer un espace public de qualité (mon exemple idéal de ce type est la Piazza della Repubblica à Rome). Au lieu de s’adapter au contexte du giratoire, ici les bâtiments vont tous droits.

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Qu’en pensez-vous? est-ce une bonne étape vers des projets qui prennent en compte les exigences des usager des transports publics et de la mobilité douce, ou il y a encore beaucoup de boulot à faire?

Ceci n’est pas une oeuvre protegée

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Ne pouvant pas reproduire l’œuvre originale d’Andy Warhol, l’auteur de cet article a utilisée une photo de deux boites de soupe quiconque. (source: wikipedia)

Aujourd’hui, Steph vient de publier son excellent article sur le piratage informatique, qui donne son opinion à la question si le piratage informatique soit ou non un crime comparable au vol.

Je m’intéresse à la question depuis quelques temps, et je trouve que la plupart des débats tournent autour d’une fausse problème. Ils partent du principe que les œuvres qui nous intéressent soient toutes protégés par le droit d’auteur, et que la question concerne uniquement les moyens d’y accéder.

Si ce principe était vrai en 2000, maintenant les choses ont un peu changé.

Les grandes maison de disques ne gèrent plus la totalité du marché de l’art, et une partie grandissante d’artistes décident de publier leur travail sans passer par eux (des exemples en vrac: jamendo, ccmixter, newgrounds). Pour l’instant, la partie des œuvres promues par les grandes maison de disques restent majoritaires, mais la partie des œuvres diffusées librement est toujours grandissante.

La question du piratage est souvent réduite au téléchargement illégal d’œuvres protégées, et leur utilisation telles quelles. Ce n’est que la pointe de l’iceberg d’un problème plus grand, que semble ne pas concerner les maisons du disque, mais que risque d’être leur coup fatal: à chaque fois qui une nouvelle œuvre sort sur le marché, elle est remixée, parodiée et détournée par des milliers d’utilisateurs. Souvent, les œuvres dérivées sont publiées de manière gratuite, et rentrent dans la culture générale au même titre que leurs originaux protégés.

Et l’exemple extrême est donnée par cette vidéo:

La chanson  "Boulevard of Broken Songs", née comme remix illégal d’une chanson de Green Day, diffusé massivement et gratuitement à travers internet, devient la bande son d’une vidéo celebrant l’équipe de football AC Milan, dont le proprietaire est une des grandes maisons de disques qui soutiennent la lutte contre le piratage informatique.

Les pirates sont désormais dans le château du roi.

La mixité arrive dans les zones villas

Aujourd’hui, dans la conférence "desperate houses" à l’EPFL, je suis venu à connaissance d’un étude, mené par le bureau Raumbureau, qui dit que, dans les zones villas, en moyenne 1 maison sur 5 est reconvertie en espace bureau.

Donc, si cette tendance se confirme:

  • Peu a peu, les zones villas pourront devenir des véritables villages, avec bureaux, boutiques, bureaux de poste, petits hôpitaux…  (dans la conférence, un projet similaire était décrit),
  • La densification n’est pas la seule réponse à l’étalement urbain, mais des autres solutions (beaucoup plus "open source") sont possibles,
  • Les villas à Aigle, que j’avais noté il y a quelques jours, pourront devenir dans quelques années quelque chose de très intéressant!

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Construction traditionnelle: toujours d’actualité?

Je viens de terminer la lecture d’une série de livres sur la rénovation du bâtiment, notamment "Manuale del Recupero del Comune di Roma" et "Materia e Significato" de Paolo Marconi. J’ai suivi plusieurs cours avec M. Marconi et les professeurs de son département et leur approche, axé sur la redécouverte des techniques traditionnelles de construction, m’a toujours fasciné.

Seul hic, en dehors du département, les techniques traditionnelles appartenaient au passé, et tous projets architecturaux dignes de ce nom devaient être réalisés en béton.

Une fois sorti de l’Université, je continuait à me poser la question: les techniques traditionnelles étaient encore d’actualité aujourd’hui, ou devais-je les reléguer dans la case "curiosités" et me soumettre aux impératifs du béton?

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L’année dernier, une visite à Habitat Jardin a clarifié la plupart de mes doutes: plusieurs entreprises produisent des murs porteurs, des charpentes en bois et tout ce qui sert pour réaliser une maison traditionnelle. Voici quelques exemples:

La construction traditionnelle est donc bien vivante!

la ville à l’heure de Google

Aujourd’hui Google, et notamment Google Earth, Google Transit ou Street View nous offre des approches radicalement neuves de la ville et de ses services. Il n’est pas exagéré de dire que Google est devenue une nouvelle boussole urbaine d’un nouveau genre. Et ce n’est probablement qu’un début tant on sait que, dans les années qui viennent, vont voir se multiplier de nouveaux services destinés à nous permettre d’aborder la ville d’une façon beaucoup plus riche.

source: transit city

Architecture et complexité

Un des facteurs qui contribuent à la création d’un espace urbain vivant et intéressant est la complexité.  Face à des gros projets, les architectes essaient parfois de recréer une complexité dans leur bâtiments: cette approche nécessite un gros travail de conception et donne souvent des résultats pas tout à fait satisfaisants .

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Moshe Safdie, Habitat 67 (image: wikipedia)

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Frank Gehry, MIT Stata Center (image: wikipedia)

Une autre approche peut donner des résultats plus intéressant avec moins d’effort. Au lieu de dessiner tous les éléments de l’état final du projet, nous pouvons nous limiter à dessiner les "racines" du bâtiment, puis à attendre quelque mois. même des racines les plus simples peuvent sortir des bâtiments très complexes.

Un exemple de cette approche sont les logements Quinta Monroy, du bureau chilien Elemental.

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Quinta Monroy, avant l’arrivée des habitants (image: ArchDaily)

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La même vue, quelques mois après. Les habitants sont arrivés, ont pris possession de leurs appartements, et les ont modifiés pour les adapter à leurs besoins. Comme résultat, chaque maison est différente. (image: ArchDaily)

À lire aussi:

Tysons Corner construit son centre-ville

"From ancient times, what made a city a city was how it functioned, not how it looked. And this is especially true today, for we have not built a single old-style downtown from raw dirt in seventy-five years."

(Depuis l’antiquité, ce qui rendait "ville" la ville était son fonctionnement, pas sa forme. Et ça est spécialement vrai aujourd’hui, vu que nous n’avons pas construit un centre ville à l’ancienne sur un terrain vierge depuis septante-cinq ans)

(Joel Garreau, Edge City: Life on the New Frontier, 2ème chapitre)

En 1991, Joel Garreau décrivait avec cette phrase les tendances de l’urbanisme aux États-Unis et dans la plupart des pays industrialisés. Fini les centres-villes à l’ancienne, la ville du futur était représenté par les tours de bureaux, les hypermarchés, les villas et les jonctions autoroutières qui on pouvait trouver à la périphérie de n’importe quelle ville. Un des exemples de cette "Vie dans la nouvelle frontière" était Tysons Corner, une zone riche d’espaces tertiaires et commerciaux, mais totalement manquante d’espaces publics (pour la description de Tysons Corner par Joel Garreau, voir ).

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Une rue de Tyson corner (image: Microsoft Virtual Earth)

18 ans après la description enthousiaste de Joel Garreau, Tysons Corner est devenue un exemple des erreurs de planification de l’urbanisme de l’après-guerre: le manque d’espaces publiques force les residents et travailleurs de se déplacer en voiture pour toutes necessités, et les bouchons sont à l’ordre du jour.

Pour corriger les problèmes de la ville, la contée de Fairfax à approuvé un plan directeur que transformera Tysons Corner en "centre-ville à l’ancienne":

  • une nouvelle ligne de métro depuis Washington,
  • davantage d’espaces piétons,
  • un réseau routier plus connecté.

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(image: Tysons Tomorrow)

Après Brasilia, un autre symbole de l’urbanisme du 20ème siècle qui doit se réinventer.

pour en savoir plus:

Le voyage: de la vitesse à l’experience

Dans le 20ème siècle,  le souci principal dans la conception du voyage était la vitesse: plus vite, plus loin, plus vite, avec moins de fatigue possible, étaient le mots à l’ordre du jour.  Maintenant, la vitesse et la facilité d’usage sont des données acquis, et le vrai status symbol est devenu l’expérience. Des produits fabriqués de façon artisanale, des voyages où on est libre de regarder le paysage, des vacances où on peut faire des nouvelles connaissances… bref, le futur va nous reserver des surprises interessantes. Ici un aperçu des tendances actuelles, et ci-dessous deux articles sur le reapport entre vitesse et experience dans le voyage en avion.

Les flux n’impliquent pas la rencontre
Les gares et les aéroports sont des lieux de foules, mais sont-ils pour autant des lieux de rencontre ? En montant ou descendant d’un avion ou d’un train, on ne voit que le dos des gens.
Les gestionnaires de ces lieux attendent des architectes d’organiser des flux indépendants. Dans aucun des aéroports que j’ai conçus, on ne m’a demandé de faire se croiser les gens. Au sein de ces flux les seules rencontres face-à-face d’un voyageur, ce sont les commerçants et les panneaux de publicité. La publicité et le commerce ont leur place. Le commerce a toujours eu une fonction de sociabilisation et d’échange, mais il ne génère pas la rencontre.
Les nouveaux aéroports sont un peu comme les autoroutes. Pour éviter que les voitures ne se percutent, risquent un accident, on a bâti des échangeurs. C’est plus sûr, mais ce faisant on élimine la rencontre.
(Paul Andreu – via Transit City)

"L’avion, c’est utile, mais je ne cherche pas l’utile quand je voyage. L’utile m’ennuie. Moi, je préfère le rêve. Si on ne rêve pas on ne peut pas vivre, et si il y a bien un moyen de transport qui aujourd’hui a tué le rêve du voyage, c’est bien l’avion. Quand on est enfant on n’aime pas les cadeaux utiles, on aime les cadeaux qui font rêver. Et bien moi je suis resté un gosse, et je veux que les moyens de transports me fassent rêver, et pas seulement qu’ils me transportent. Il n’y a aucune poésie dans le voyage en avion. Aujourd’hui grâce à l’avion on part plus loin et plus vite, mais le voyage en lui même est une horreur. On est prisonnier dès son arrivée à l’aéroport. Les salles d’attentes d’aéroports sont aussi sinistres que l’intérieur des avions. Ce sont simplement des enfilades de sièges. Vous rejoignez l’avion par un bras télescopique ; on ne voit plus rien, on ne sent plus rien ; tout est aseptisé, fonctionnel pour embarquer et débarquer les passagers toujours plus vite. On est loin du voyage."
(entretien Claude Villers/François Bellanger – via Transit City)

Le retour du tramway sur pneus?

(image: wikipedia)

Aujourd’hui, sur Les Urbanités, un article est paru en faveur du tramway sur pneus.  Selon l’article, le tramway sur pneus est censé être moins cher et plus flexible d’un tramway sur fer. Pourtant, l’expérience de plusieurs villes (Caen, Clermont-Ferrand, Nancy, Padoue, Venise) a montré une série de défauts qui déconseillent l’utilisation de ce moyen de transport:

1) La technologie reste toujours une technologie ferroviaire, même plus lourde que celle du tramway sur fer. En fait, le tramway sur pneu a besoin de 3 rails au lieu des 2 du tramway sur fer: au deux rails porteurs (qui dans le cas d’un tramway sur pneu deviennent deux pistes en béton armé), s’ajoute un troisième rail pour le guidage.

2) Le confort de marche est similaire a celui d’un trolleybus, avec la rigidité d’exploitation d’un tramway.

3) Le tramway sur fer peut utiliser des tronçons de ligne ferroviaire existants (tram-train), le tramway sur pneus ne peut pas le faire.

4) Le croisement à niveau entre une ligne de tramway sur pneus et une ligne de chemin de fer (ou tramway sur fer) devient difficile, voire impossible, vu les différents profils des rails des deux systèmes.

5) La séparation entre les rails porteurs et les rails de guidage crée des problèmes d’adhérence et rend le tramway sur pneu très vulnérable aux déraillements. Suite à ces problèmes d’adhérence, l’utilisation du tramway sur pneu lors des pentes est vivement déconseillé.

6) Le tramway sur pneus est maintenant exclusivité d’une seule compagnie. Le jour où cette compagnie décidera d’arrêter la production de ce type de véhicule, les villes auront des problèmes d’approvisionnement de matériel roulant. Nancy et Caen, qui ont été les premières à installer ce genre de véhicule, se trouvent déjà face a ce problème.

repenser la voiture

(images: wikimedia commons)

Ses lignes ont beaucoup changé et ses performances ont été ameliorés au fil des 150 dernieres années, mais l’automobile reste toujour une evolution des véhicules hippomobiles.  Son évolution technologique et sa  democratisation n’ont nullement influencé le concept de base de vehicule lourd, conçu pour transporter 4-5 personnes ou des marchandises sur des longues distances. Peu à peu, son role a changé, d’outil indispensable à consommatrice vorace d’espace public.

Dans les prochaines années, une reflection sur l’automobile elle même sera necessaire. Probablement nous verrons dans le future moins de voitures ordinaires (2.5 m x 3.5 m, 5 places + bagages) et plus de mini-voitures (comme la Smart, voire plus petites), et moins de voitures particulières et plus de voitures partagées.