Archives de Catégorie: 2.4 – voiture

San Francisco, 100 ans après

Que se passe-t-il dans une ville en 100 ans? Comment changent-ils l’espace public et sa perception? Quels aspects de la ville tend-on à privilégier quand on doit la décrire?

Pour entamer une réflexion sur tout ça, voici deux vidéos: la scène est  toujours la même, la Market Street de San Francisco, mais entre les deux il y a presque 100 ans de différence:

Donc, voici la première vidéo, de 1906:

et la deuxième, de 2005:

Même si entre les deux vidéo il y a eu le tremblement de terre de 1906, on aurait de la peine à en reconnaitre les traces: le bâtiment principal, le Ferry Building est toujours là, et les autres bâtiments ont été reconstruits aux mêmes endroits.

Le gros changement vient plutôt de la motorisation de masse: plus fort que le tremblement de terre, elle a imposé une redéfinition de l’espace public. Si en en 1906 l’ espace était partagé entre piétons, voitures et tramways, en 2005 l’espace est hiérarchisé: les tramways au centre, puis les voitures et enfin les piétons.

Très différent est aussi le regard porté sur les différents modes de transport. En 1906 l’accent était sur les voitures, qui zigzaguent exprès devant la camera, tandis que en 2005, le protagoniste de la vidéo est le vélo, seul moyen de transport à pouvoir utiliser tout l’espace public!

Si le thème vous intéresse, je vous conseille cet article de "All About Cities" sur le retour du vélo comme protagoniste de l’espace public, et cette collection de photo Avant/Après, sur Martouf.ch.

BMW se lance dans les Transports Publics

Il y a quelques temps, j’avais vu une publicité de Renault qui m’avait fait beaucoup réfléchir. Pour mémoire, la pub était celle-ci:

Comme eux-mêmes disent, la voiture a beaucoup changé notre façon de vivre: elle nous a permis de faire des vacances hors des sentiers battus, de faire nos courses une fois par semaine,  de nous donner une autonomie jamais vue.  Mais en contrepartie nous a donné toute une série d’inconvénients (embouteillages, pollution, accidents, perte de qualité des espaces publics) auxquels les gents commencent à donner de plus en plus d’importance.

Quoi faire, donc? Pour Renault, est juste suffisant de produire des voiture plus belles, avec plein de nouveautés, en espérant de séduire une dernière fois une clientèle en train d’aller ailleurs.

Des autres marques, notamment BMW, ont choisi une autre stratégie, et ont suivi leur clientèle là où elle était en train d’aller. Et a prodiut le train urbain INSPIRO, résultat d’une collaboration entre ses designers de DesignWorks USA et le groupe Siemens:

(image: inhabitat.com)

Et après BMW, qui sera le prochain? Voyagerons-nous bientôt dans des trains et des bus signés Porsche ou Ferrari?

Le nouveau spot de Renault (et un final alternatif que j’aimerais voir)

À Genève, Mars est le mois du salon de l’auto. Sur tous les journaux et toutes les chaînes de télévision, on ne parle que de ça: on juge les nouveaux modèles, on analyse les nouvelles tendances, on discute sur quel serait-il le futur de la voiture…

Et, au même temps, c’est l’occasion, pour la plupart des marques automobiles, de sortir leur nouvelles campagnes de publicité. Entre autres, je trouve très emblématique celle de Renault:

Une campagne qui représente bien l’esprit qui règne dans la branche automobile: on sent bien que on n’est plus le rêve du consommateur moyen, et donc on cherche de se justifier en proposant la voiture électrique, et en espérant ainsi de séduire à nouveau le consommateur moyen.

Je doute que cette démarche puisse avoir du succès, car  la voiture électrique ne résolve pas aucun des problèmes typiques de l’automobiliste moyen: elle ne permet pas de faire beaucoup de kilomètres avec une recharge, elle reste  piégée dans les bouchons comme toutes autres voitures, elle ne se parque pas plus facilement non plus… les seuls qui pourraient en bénéficier seraient les voisins du client potentiel de Renault, mais je doute de leur pouvoir de conviction.

Et donc, quel pourrait être un bon final pour cette pub? Le produit qui permettra a nous consommateurs de faire la paix avec Renault? Voici ma proposition: le Renault Agora. Un modèle qui existe déjà dans son catalogue, et qui est apprécié quotidiennement par des milliers de personnes:

(image: wikimedia commons)

Donc, je vous invite à un exercice: une fois arrivés vers la fin de la pub ci-dessus, prenez les dernières images et substituez-les avec des images de la flotte bus de Renault, comme par exemple celles-ci:

c’est déjà mieux, non?

"Sur les moulins" à Denges: transit-oriented ou pas?

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Il y a quelque semaine, j’ai découvert le quartier "sur les Moulins" (plus de détails et ) à Denges, entre Lausanne et Morges. Par rapport à la moyenne des nouvelles réalisations dans le canton, ce projet semble aller vers un développement de type "transit oriented", même s’il y a plusieurs aspects qui me laissent des doutes. Un explication en image aidera à mieux comprendre la question.

Pourquoi ce projet est "transit-oriented"

Parce que c’est un projet mixte. Une visite sur walkscore.com le confirme: ce projet permet aux habitants de faire leurs achats à pieds, sans besoin d’aller en voiture pour toutes nécessités. De plus, il permet de mieux desservir les habitants des quartiers environnants.

Parce qu’il est bien desservi par les transports publics: La ligne 701 des MBC passe juste à côté, et relie le quartier aux hautes écoles, au métro M1 et à la gare de Morges.

Parce qu’il propose des espaces-rue de type traditionnel, notamment:

une contre-allée, comme dans les boulevards parisiens:

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des commerces au rez-de-chaussée:

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Et une articulation intéressante entre rue principale et ruelles secondaires:

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Pourquoi ce projet n’est pas "transit-oriented"

Parce qu’il y a trop de places de stationnement, donc, le projet vise clairement une clientèle possédante une, voire deux voitures par ménage.

Parce que la route commerçante est très peu attrayante, et resemble plus au parking d’un supermarché qu’à une rue commerçante de centre-ville.

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Parce que ce projet ne tient pas assez en compte la route cantonale: une exemple est ce giratoire, que aurait pu être utilisé comme base pour créer un espace public de qualité (mon exemple idéal de ce type est la Piazza della Repubblica à Rome). Au lieu de s’adapter au contexte du giratoire, ici les bâtiments vont tous droits.

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Qu’en pensez-vous? est-ce une bonne étape vers des projets qui prennent en compte les exigences des usager des transports publics et de la mobilité douce, ou il y a encore beaucoup de boulot à faire?

Des écoquartiers à Abu Dhabi?

Peu à peu,  le concept d’écoquartier commence à devenir d’actualité:  de plus en plus de villes commencent à utiliser ses principes et ses recommandations dans leur planification urbaine, et à les utiliser comme outils de promotion dans le contexte international.

Et quand ces principes se mélangent avec l’approche arabe à l’écologie, ça  c’est le résultat:

À chaque château son jardin

Parfois l’été est une bonne période pour essayer des transformations urbaines sans la peur de trop bouleverser la vie des habitants. c’est le bon moment pour fermer une route au trafic motorisé ou transformer des places de parc en quelque chose d’autre.

Ce dernier cas est celui de la place du Château à Lausanne. Normalement utilisée comme parking, une semaine par année cette place se transforme en scène principale du Festival de la Cité.

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(Photo: flickr by Stephanie Booth)

Cet année, cette transformation a été suivi par une autre, qui restera jusqu’au 24 octobre.

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(Photo: Anoukvogel.nl)

Conçue par l’architecte Anouk Vogel et organisée dans le cadre de Lausanne Jardins 2009, l’installation "À chaque château son jardin" a transformé le temps d’un été la place du Château, de parking pour voitures en parking pour bacs à fleurs.

Et il y a déjà qui dit que ça pourrait être le début d’un aménagement permanent!

La mixité arrive dans les zones villas

Aujourd’hui, dans la conférence "desperate houses" à l’EPFL, je suis venu à connaissance d’un étude, mené par le bureau Raumbureau, qui dit que, dans les zones villas, en moyenne 1 maison sur 5 est reconvertie en espace bureau.

Donc, si cette tendance se confirme:

  • Peu a peu, les zones villas pourront devenir des véritables villages, avec bureaux, boutiques, bureaux de poste, petits hôpitaux…  (dans la conférence, un projet similaire était décrit),
  • La densification n’est pas la seule réponse à l’étalement urbain, mais des autres solutions (beaucoup plus "open source") sont possibles,
  • Les villas à Aigle, que j’avais noté il y a quelques jours, pourront devenir dans quelques années quelque chose de très intéressant!

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Des villes nouvelles dans la Metropole Lémanique?

Maintenant c’est clair, et même des sources officielles comme les Urbanités de la RSR le disent: dans le canton de Vaud des villes nouvelles sont en train d’émerger. Des villes comme Nyon ou Morges sont en train de devenir des pôles majeures de la Métropole Lémanique, au point de pouvoir concurrencer Genève ou Lausanne. De plus, des parcs d’affaires comme le A-One Business Center à Rolle, ou le Littoral Parc à Etoy attirent plusieurs entreprises dans des secteurs jusqu’à maintenant peu urbanisés.

Cette croissance a un risque: les nouveaux pôles risquent de devenir des Suburbia à l’américaine, dans lesquelles les différentes fonctions sont lointaines les unes des autres, toutes les trajets sont parcourus en voiture, et les espaces publics sont pratiquement absents.

Donc, il faut vieiller afin que ces pôles émergents deviennent des véritables villes et, pour ça, que la stratégie en trois étapes de la quelle j’avais parlé il y a quelques jours soit appliquée. En gros, les points clé de cette stratégie étaient:

Un bon exemple de cette politique vient de la ville de Vevey, qui a mis en place le concept "Vevey, ville d’images" pour soutenir et promouvoir sa politique culturelle.

Réqualification des infrastructures automobiles: la Librairie Arion à Rome

Dans les dernières 50 années nous avons construit beaucoup d’infrastructures. Échangeurs routiers, passages souterrains, autoroutes urbaines…toutes infrastructures que maintenant commencent à n’être plus à la mode, et que nécessitent un nouvel usage.

Et donc, voici un exemple: un passage souterrain, creusé dans les années 60 dans la Piazza Fiume à Rome.  Le temps ont changé, traverser la route n’est plus une action impossible (même si à Rome ça reste toujours très dangereuse), et le carrefour a été redessiné avec des nouveaux passages pietons en surface. Quoi faire du vieux passage souterrain? Une librairie!

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Des autres informations sur le site de la librairie.

Tysons Corner construit son centre-ville

"From ancient times, what made a city a city was how it functioned, not how it looked. And this is especially true today, for we have not built a single old-style downtown from raw dirt in seventy-five years."

(Depuis l’antiquité, ce qui rendait "ville" la ville était son fonctionnement, pas sa forme. Et ça est spécialement vrai aujourd’hui, vu que nous n’avons pas construit un centre ville à l’ancienne sur un terrain vierge depuis septante-cinq ans)

(Joel Garreau, Edge City: Life on the New Frontier, 2ème chapitre)

En 1991, Joel Garreau décrivait avec cette phrase les tendances de l’urbanisme aux États-Unis et dans la plupart des pays industrialisés. Fini les centres-villes à l’ancienne, la ville du futur était représenté par les tours de bureaux, les hypermarchés, les villas et les jonctions autoroutières qui on pouvait trouver à la périphérie de n’importe quelle ville. Un des exemples de cette "Vie dans la nouvelle frontière" était Tysons Corner, une zone riche d’espaces tertiaires et commerciaux, mais totalement manquante d’espaces publics (pour la description de Tysons Corner par Joel Garreau, voir ).

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Une rue de Tyson corner (image: Microsoft Virtual Earth)

18 ans après la description enthousiaste de Joel Garreau, Tysons Corner est devenue un exemple des erreurs de planification de l’urbanisme de l’après-guerre: le manque d’espaces publiques force les residents et travailleurs de se déplacer en voiture pour toutes necessités, et les bouchons sont à l’ordre du jour.

Pour corriger les problèmes de la ville, la contée de Fairfax à approuvé un plan directeur que transformera Tysons Corner en "centre-ville à l’ancienne":

  • une nouvelle ligne de métro depuis Washington,
  • davantage d’espaces piétons,
  • un réseau routier plus connecté.

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(image: Tysons Tomorrow)

Après Brasilia, un autre symbole de l’urbanisme du 20ème siècle qui doit se réinventer.

pour en savoir plus: