Un des éléments qui caractérisent l’espace urbain est le commerce. Le commerce est là ou les gents se réunissent, et souvent est le facteur qui crée les liens entre les habitants d’une ville.
Et le commerce est un des éléments qui échappent plus facilement à la planification urbaine. Les boutiques ouvrent et ferment très rapidement et leur dynamique s’adapte mal aux temps longs de la planification urbaine.
Pour expliquer ce concept, allons voire un exemple, le quartier de Pietralata à Rome.
(image: Skyscrapercity)
Pietralata est un quartier d’environ 50.000 habitants, plutôt dense et plutôt isole du reste de Rome, et donc peut être considéré comme une ville à part entière. Son centre se situe le long de la Via Tiburtina, où se concentrent aussi la plupart du trafic routier et des lignes de transports publics.
Dans les années 60, un plan d’urbanisme a investi le quartier: ce plan prévoyait une réseau d’autoroutes urbaines, un nouveau métro et un parking d’échange entre les deux. Le plan a été réalisé très lentement, puis abandonné. Le réseau d’autoroutes n’a pas été terminé (La partie non construite de l’autoroute correspond à celle qui devrait croiser la Via Tiburtina dans le centre de Pietralata), ainsi que le parking d’échange. Le métro a été ouvert (même si ne passe pas à l’intérieur du quartier) et un couloir de bus en site propre a été aménagé le long de la Via Tiburtina.
(image: Microsoft Virtual Earth)
Entre temps, le quartier a fleuri, il est devenu à la mode (il est un des quartiers étudiants de Rome) et les parcelles réservées pour l’autoroute ont été réutilisées pour des autres usages. Les activités présents à Pietralata sont representées dans la carte ci-dessous:
Les espaces au rez-de-chaussée des bâtiments residentiels de part et d’autre de la Via Tiburtina ont été occupé par des boutiques de marque (en bleu dans la carte), et les bâtiments industriels (en mauve) ont été réconvertis en supermarchés (en jaune). Dans les rues secondaires, les petites boutiques indépendentes (en rouge) ont profité de la proximité avec les grandes marques et des supermarchés et des prix nettement plus bas dus à la position legerèment moins favorable. Dans les rues plus lontaines, les laboratoirs artisanaux (en vert) et les équipements publics (en gris) occupent les espaces moins desirables et moins chers.
Avec ses plans non terminés et sa variété d’usages, Pietralata est l’exemple parfait des critères qui contribuent à créer une ville intéressante, dense et variée. critères que je reporte ici, dans leur formulation par The Urbanophile:
“If you having nothing but high value buildings, no one but national chains can afford to invest. If you have nothing but low value buildings, no one wants to. It is important to have a mixture of buildings, supporting a mixture of uses, mixture of high, medium and lower values uses, and both national chains (which bring much good with them) and indigenous business. It is this diversity that again helps to mitigate against the failure of any one element. And also provides room for the local business that is both committed to the town and a source of at least some independent economic life.”
“Jane Jacobs said new enterprises usually require old buildings. That is, where rents are low and it is cheap to set up shop. The spikey world model tells us economic growth occurs where land values are highest. Interestingly, I think this is resolved by looking at what Jacobs described as the self-destruction of diversity. That is, over time, successful diverse district tend to increasingly concentrate in their most successful use, crowding out other uses. Then ultimately, lacking the vitality that diversity brought, those ares eventually declined.”







