Atelier « La Vie Nomade », 1 septembre 2015 à Romont

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Après la pause estivale, on reprend avec les ateliers à la Maison Verte de Romont. et on reprend avec:

1 septembre: La Vie Nomade

La vie est courte, les endroits à voir sont nombreux, et deux semaine en été suffisent rarement à satisfaire toutes nos envies de voyage. Donc, pourquoi pas essayer une vie nomade?

Cet atelier vous montrera les différentes possibilités de vivre une vie nomade, vous renseignera sur les obstacles les plus communs et vous donnera des pistes pour les dépasser.

Le prix d’entrée est de 30 CHF (25 CHF pour les inscription faites à l’avance). Pour s’inscrire, c’est par ici.

Création d’une coopérative d’habitation dans le canton de Genève

Dans le billet précédent nous avons vu qu’il y a deux marchés bien différents dans l’habitat résidentiel dans les agglomérations de Genève et Lausanne. D’un côté, on a des terrains:

  • de propriété des privés
  • sur lesquels on fait uniquement des projets d’habitat spéculatifs
  • sur lesquels on fait des petits projets (2 à 10 logements) dans des délais très courts (2-5 ans).

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et de l’autre, des terrains:

  • de propriété des collectivités publiques
  • sur lesquels on fait un certain pourcentage de projets d’habitat à prix coutant et un certain pourcentage de projets d’habitat spéculatif.
  • Sur lesquels on fait des grands projets (20 à 100 logements) dans des délais très longs (10 à 15 ans).

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Et comme conséquence:

  • Les projets d’habitat à loyer modéré prennent plus de temps à se réaliser que les projets d’habitat spéculatif, ce qui produit une suroffre d’habitat spéculatif et une pénurie d’habitat à loyer modéré.

Pour sortir de cet état de choses, et produire davantage de logements à loyer modéré, je lance un projet de:

coopérative d’habitation

basée sur les principes de Metamorp-house, de Monte Sacro et de l’écovillage dispersé.

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  • le but de cette coopérative sera la création de logements à prix coûtant sur des terrains actuellement disponibles sur le marché, et de sortir ces terrains de la spéculation.
  • la coopérative privilégiera des petits projets (4 à 10 logements) sur des délais relativement courts (1 à 2 ans).
  • La coopérative produira des logements à prix coûtant. Dans le canton de Genève on peut envisager 2’400 CHF/mois pour un 4 pièces de 70 m2.
  • La coopérative pourra intégrer des commerces de proximité dans ses immeubles.

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Si ce projet vous intéresse, n‘hésitez pas à me contacter!

État des lieux de l’habitat à loyer modéré

Ça fait un moment que je me penche sur la question de l’habitat à loyer modéré à Lausanne et à Genève, et le moment est venu de faire le point sur la situation actuelle.

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  • Presque toutes les coopératives construisent sur des terrains mis à disposition par les collectivités publiques. Coopératives d’habitation et promoteurs traditionnels travaillent donc sur deux marchés complétement différents, et sont rarement en concurrence sur le même terrain. La concurrence s’exerce plutôt entre les différentes coopératives.
  • Dans la plupart des terrains mis à disposition par les collectivités publiques le cahier des charges du projet (notamment le montant de loyers) est défini par les collectivités publiques elles-mêmes. Il arrive assez fréquemment que les loyers proposés sur ces terrains par les coopératives et ceux proposés par les promoteurs classiques soient dans la même fourchette de prix. On peut donc affirmer que ce n’est pas la concurrence entre promoteurs et coopératives qui décide les futurs loyers, mais ce sont les collectivités publiques qui décident de cette répartition: les opérateurs privés se chargent uniquement de mettre en pratique ce qui a été décidé par les collectivités publiques.
  • La plupart des terrains fournis par l’état ou la commune se trouvent dans des zones soumises à planification de détail (PLQ dans le canton de Genève, PPA dans le canton de Vaud), ce qui fait que un projet sur ces terrains prend énormément plus de temps (10 à 15 ans) que un projet sur un terrain non soumis à planification de détail (2 à 5 ans). Comme conséquence, les projets d’habitat à loyer modéré prennent plus de temps à se réaliser que les projets d’habitat spéculatif, ce qui produit une suroffre d’habitat spéculatif et une pénurie d’habitat à loyer modéré. (pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez regarder ma série sur la densification ici: 1,2,3,4,5,6)

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Donc, comme conséquence de cet état de choses, on se retrouve avec des terrains:

  • de propriété des privés
  • sur lesquels on fait uniquement des projets d’habitat spéculatifs
  • sur lesquels on fait des petits projets (2 à 10 logements) dans des délais très courts (2-5 ans).

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et des terrains:

  • de propriété des collectivités publiques
  • sur lesquels on fait un certain pourcentage de projets d’habitat à prix coutant et un certain pourcentage de projets d’habitat spéculatif.
  • Sur lesquels on fait des grands projets (20 à 100 logements) dans des délais très longs (10 à 15 ans).

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Comment peut-on sortir de cette situation? la réponse dans le prochain billet.

Le métier du futur: le vendeur de travail

J’entends de plus en plus souvent des réflexions sur la fin du travail (comme dans cet article, entre autres). En gros, avec l’arrivée des robots et de l’intelligence artificielle, le travailleur serait une catégorie en voie d’extinction, un peu comme la machine à écrire ou les cassettes audio.

Iris_Joyce_at_work_on_her_typewriter_in_an_office_prior_to_joining_the_Women's_Land_Army_in_1942._D8792Machine à écrire et employée. La première est déjà dans le passé, la deuxième aussi? (source image)

1200px-Metro_M2_LausanneUn train-robot à Lausanne. Il travaille 20 heures par jour, ne demande pas d’augmentation de salaire, il ne fait pas la gréve…  (source image)

Entre temps, je vois des autres changements à ce sujet:

  • une méfiance de plus en plus diffuse vers le marché actuel de l’emploi. Si autrefois les gens étaient prêts à faire l’impossible pour attirer un employeur potentiel et s’assurer une carrière de rêve, maintenant cette promesse ne fait plus rêver: les gens continuent à essayer d’attirer un employeur, mais ils ne sont plus fidèles à l’entreprise, et partent dès que le besoin d’argent se fait moins pressant.
  • l’émergence de plateformes comme Blablacar, Uber ou Airbnb, où on peut offrir des services (un trajet en voiture ou une location de maison de courte durée) en échange d’argent, et arrondir ainsi ses fin de mois.

Allons alors examiner les conséquences de ces réflexions.

Le premier concept qui saute aux yeux est que le monde du travail vit un décalage entre la vision de l’entreprise et la vision du travailleur. Prenons par exemple le cas d’une entreprise de travail intérimaire:

  • le travailleur prépare son CV et le dépose gratuitement chez l’intérimaire.
  • l’entreprise, en payant, accède aux CV déposés chez l’intérimaire, et choisit ceux qui lui intéressent.

dans ce cas:

  • du point de vue de l’intérimaire et de l’entreprise, l’entreprise est le client et le travailleur est la marchandise: l’entreprise paie, donc elle doit forcement trouver le profil recherché; le travailleur ne paie pas, donc il peut trouver – ou pas – le poste qu’il recherche.
  • du point de vue du travailleur, lui-même est le client: pour rentrer en contact avec l’intérimaire il doit faire une certaine partie de travail bénévole (rédaction d’un CV et d’une lettre de motivation, préparation d’un entretien, alignement avec la philosophie de l’entreprise), en échange duquel il demande la carrière de rêve qu’on lui a promis.
  • Ce système tient la route si les promesses de carrière faites au travailleur sont assez intéressantes, et la probabilité de les obtenir assez haute pour le convaincre à faire tout le travail bénévole qui lui est demandé. Dans le cas contraire, tout le système disfonctionne et crée des chômeurs difficilement employables (c’est le cas, par exemple, des séniors bien formés).

En plus, les sites comme Blablacar, Uber ou Airbnb contribuent à changer la donne en défaveur du marché traditionnel de l’emploi: pourquoi doit-on perdre son temps à rédiger un CV et des lettres de motivation, se préparer pour des entretiens, apprendre à se conformer à une culture d’entreprise qu’on n’aime pas trop, quand on peut faire de l’argent plus facilement, en mettant à disposition sa voiture et sa maison?

Le gros changement de Blablacar, Uber ou Airbnb est celui-ci: ces entreprises ne vendent pas des logements à bas prix ou des trajets en voiture.

Elles vendent du travail.

Quand on s’inscrit auprès une de ces entreprises, on fixe soi-même ses heures de travail et ses prétentions de salaire, on est encouragés à être soi-même, et l’entreprise est payée par une commission sur le chiffre d’affaires réalisé par le travailleur.

Donc, on peut élargir ce système à des autres métiers, et créer la figure professionnelle du vendeur de travail. En résumé, un vendeur de travail:

  • est mandaté par un client, qui a des compétences professionnelles à valoriser, et qui cherche une alternative au marché du travail traditionnel.
  • le client définit lui-même ses disponibilités, et concerte avec le vendeur le salaire qui veut obtenir.
  • Le client ne dois plus se conformer à une culture d’entreprise. Bien au contraire, ses particularités sont autant d’atouts pour se démarquer de la concurrence.
  • le vendeur s’engage à trouver au client des mandats pour un chiffre d’affaires prédéterminé, et peut aussi proposer un service de portage salarial. En échange, il prend une commission sur les mandats trouvés.

Qu’en pensez-vous de ce modèle? Vos vais sont les bienvenus!

Si c’est gratuit, vous êtes le produit (ou le client)

Ça fait quelques années que je travaille comme entrepreneur (j’ai travaillé comme indépendant entre 2004 et 2007, puis comme entrepreneur salarié d’APRES-GE depuis 2013) et, comme conséquence, j’ai acquis une certaine déformation professionnelle qui me porte à voir toutes activités en termes de transactions  commerciales. Face à un projet lambda, je me pose toujours les questions classiques des entrepreneurs:

  • c’est qui qui bénéficie de ce projet?
  • c’est qui qui paie?
  • qui est le client?
  • qui (ou quoi) est le produit?

Et de ces questions sortent deux théorèmes des transactions commerciales.

  • Si c’est gratuit (et normalement vous devriez payer), alors vous êtes le produit.
  • Si c’est gratuit (et normalement vous devriez être payé) alors vous êtes le client.

Le premier cas est celui qu’on retrouve souvent sur internet: je m’inscris (gratuitement) sur un site, où je pourrai faire des trucs. Des entreprises s’inscrivent (et payent) sur le même site, pour me montrer de la publicité. Le deuxième cas est celui du bénévolat: je peux faire tout un tas d’activités bénévoles, pour autant que ces activités m’amènent un bénéfice en retour. Ce bénéfice peut être très concret et très immédiat (aller voir un concert gratuitement en échange de 1-2 heure au vestiaire ou au bar du festival), ou plus nuancé et plus lointain dans le temps (soigner les réfugiés de la guerre au Calimshan ou sensibiliser les gens au changement climatique), mais il doit toujours être présent et proportionnel à l’effort fourni. Si tout d’un coup nous découvrons que:

  • au festival où nous tenons le bar ou le vestiaire il n’y aura que du Death-Métal Dodécaphonique,
  • que au Calimshan il n’y a pas de guerre (et probablement, il n’y a même pas de Calimshan),
  • et que la Terre continuera (ou pas) à chauffer de plus en plus, indépendamment de nos efforts de sensibilisation des masses,

probablement un engagement comme bénévole dans une de ces situations deviendra beaucoup moins intéressant pour nous.

Les migrants sauvent le village de Riace du déclin

Moitié de l’Europe ferme ses portes aux immigrants, mais en Italie, un village de pêcheurs offre l’asile aux réfugiés garantissant ainsi sa propre survie.

Les moutons bêlent depuis les pentes rocheuses, la mer murmure depuis la côte et ici l’utopie de Mimmo est devenue réalité – celle d’un endroit réputé pour son hospitalité plutôt que pour ses frontières. Mimmo s’appèle en réalité Domenico Lucano (mais personne ne l’appelle ainsi), et il est le maire de Riace, petit village de pêcheurs sur la côte de la Calabre. Trois églises pour seulement 1500 habitants, dans la rue quelques douzaines de poules et un chien en mauvais état. Un endroit si insignifiant où aucun touriste s’arrête, même pas par accident.

Riace_paese(source image)

Lucano a proclamé son village natal patrie des réfugiés, tandis que la moitié de l’Europe tente d’isoler les migrants illégaux en créant des frontières de plus en plus impraticables. «Dans notre pays, » dit Lucano  » nous accueillons les réfugiés à bras ouverts. »Aujourd’hui à Riace vivent plus de 500 migrants, près d’un résident sur ​​trois. Personne ne possédait un permis de séjour ou un document de travail valide quand il est arrivé. Ce sont des jeunes hommes de la Tunisie, le Sénégal et l’Érythrée, des femmes et les enfants de la Syrie et de l’Algérie, qui se sont enfuis de leur pays d’origine en raison de la guerre et de la pauvreté.

Adama Kone, 33, est arrivé il y a deux ans en provenance du Mali, où il ne pouvait plus trouver du travail, pour nourrir ses deux enfants. Aujourd’hui, il vit à Riace, est propriétaire d’une maison et travaille dans le garage attenant où il a ouvert son propre atelier de réparation de voitures. Trois rues plus loin,  Fatma, une jeune Afghane de 24 ans, travaille dans un magasin de tissus. Elle a fui son pays natal à cause des talibans et travaille maintenant comme couturière et tisserande de tapis à Riace. Elle reçoit environ 600 euros par mois de la Ville, qui lui a également mis gratuitement à disposition une vieille maison abandonnée. Les villageois ont également contribué Fatma à la rénover et à la rendre de nouveau habitable. En retour, Fatma prend soin de leurs enfants pendant la semaine ou soigne leurs parents âgés et malades d’Alzheimer.

Les réfugiés aident à reconstruire le village
« À Riace la solidarité n’est pas à sens unique », a déclaré le maire Lucano. « Nous essayons d’offrir aux réfugiés une nouvelle maison ici, et en retour, ils nous aident à la garder vivante. » Les réfugiés, qui ailleurs sont rejetés car illégaux, à Riace trouvent du travail, sont intégrés dans le pays et contribuent à la reconstruction d’un village qui, il y a 14 ans, était presque disparu.

Le village est situé dans l’une des régions italiennes les moins développées. Une triste coulée de béton, des emplois peu rémunérés et un terrain idéal pour la Mafia. Pendant des décennies, les gens ont fui loin d’ici: des 3000 habitants d’autrefois, à Riace aujourd’hui il n’en sont restés que 800. Les dernières pizzerias et gelaterias du village ont fermé boutique. « Notre village bien-aimé » dit Lucano « était comme un malade en phase terminale qui attend sa dernière heure. »

Et puis, c’est arrivé ce que même aujourd’hui les habitants de Riace considèrent comme un miracle: la nuit du 1er Juillet 1998, un navire transportant 218 Kurdes a débarqué sur nos côtes. Ils fuyaient vers la Grèce, mais ils avaient perdu leur chemin. Affamés et épuisés par le froid et la fatigue, la plupart d’entre eux avait déjà perdu tout espoir. Lucano a travaillé pour que les réfugiés soient accueillis et hébergés par les habitants.

Au fil des années, de plus en plus de réfugiés sont arrivés, et le maire s’est rendu compte qu’ils avaient redonné vie à sa ville. Lucano emprunta de l’argent au nom de la Ville, afin de reconstruire les maisons délabrées dans le pays et de donner un salaire décent aux migrants. Il a également demandé une autorisation spéciale à la région Calabre pour qu’elle accepte les migrants  sans trop de passages bureaucratiques.

Selon la Croix-Rouge italienne, l’hébergement des réfugiés dans les camps en Calabre coûte environ 55 euros par jour et par habitant. À Riace chaque migrant coûte seulement la moitié. « Parce que les nouveaux arrivants s’intègrent rapidement » dit Lucano.

Sa dernière invention est l’euro de Riace: les migrants, qui, doivent attendre jusqu’à sept mois avant d’obtenir de l’argent du gouvernement peuvent faire leurs achats dans les magasins locaux avec une monnaie locale, de manière à obtenir le nécessaire à leur survie. Une fois qu’ils obtiennent l’argent du gouvernement, les commerçants peuvent les utiliser pour convertir les monnaies locales et récupérer leur crédit. Les réfugiés ont également contribué ces dernières années à l’essor économique de Riace. Ateliers, boulangeries et coiffeurs ont repris leurs activités. Les arts traditionnels du tissage et de la céramique ont été relancées et depuis a été rouverte même une école, où les enfants qui viennent ici, avec leurs parents, ils apprennent les rudiments de la langue italienne.

«Les adolescents ont besoin de plus de temps pour s’adapter ici», dit l’enseignante, Emilia, 51 ans. Beaucoup ont grandi dans des pays dominés par la guerre civile et la persécution, et connaissent seulement la vie de réfugiés. La plupart d’entre eux juste besoin d’un peu de temps pour réaliser qu’ici ils ont trouvé un endroit où ils peuvent rester en permanence.

Initialement, les habitants avaient peur de n’être plus les maîtres de leur village.
Même les habitants ont eu besoin de temps pour s’y habituer aux nombreux nouveaux visages dans leur village. Les plus âgés étaient les plus sceptiques. Certains ont même craint que la compassion de leur maire aurait conduit leur village à la ruine. Mais au fur et à mesure que le village se redressait, dit Emilia, « les doutes ont disparu. »

Aujourd’hui, les vieux de Riace regardent les enfants Africains qui jouent au football sur la place du village. Dans les boulangeries l’odeur du pain frais se mélange à la musique arabe, et dans les magasins d’artisanat les autochtones et les étrangers, travaillent côte à côte où pour produire des décorations et de la poterie.

Toute cette harmonie est une épine dans le pied pour la redoutée ‘Ndrangheta. La mafia calabraise, qui pendant des décennies a pu exploiter la pauvreté de Riace, a essayé depuis de saboter la reconstruction du pays. Peu de temps après la réélection à la mairie de Lucano, en 2009, la mafia de empoisonné son chien et criblé avec une douzaine de coups les murs du restaurant Donna Rosa, où Lucano dînait avec des amis. Quelques jours plus tard, malgré tout, le maire a mis en place un panneau d’affichage qui lit en grosses lettres: «Riace – ville d’hospitalité. »

Il ya deux ans, pour son engagement, Lucano a reçu le prix World Mayor [le prix du meilleur maire dans le monde]. A Riace on l’a même proposé pour le prix Nobel de la paix, mais le maire a répondu: « Le plus important est que l’histoire des habitants de Riace soit un modèle pour tous ». Les pays voisins de Caulonia et Stignano ont suivi l’exemple de Riace et maintenant ils sont eux aussi en train d’accepter des réfugiés. Et dans l’intervalle, le nom Riace arrive à Hollywood: en 2010 le directeurWim Wenders est venu en Calabre pour tourner un documentaire sur le problème des réfugiés. Mais après avoir entendu les réfugiés du pays, il a décidé de raconter l’histoire de Riace avec un film intitulé « L’envol ».

« La vraie utopie», a déclaré Wenders la même année, lors de la célébration de l’anniversaire de la réunification des deux Allemagnes, « ce ne fut pas la chute du mur de Berlin, mais la coexistence pacifique des peuples de Riace ». Dans ce village sans attraction entre les falaises dénudées et le murmure de la mer, j’ai vu un monde meilleur.

Article traduit de l’italien depuis http://www.ilfattoquotidiano.it/2012/11/20/immigrazione-profughi-salvano-riace-dal-declino/419833/ et de l’allemand depuis http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2012-11/italien-dorf-riace-fluechtlinge-zuhause/komplettansicht

3 modèles de covoiturage urbain qui fonctionnent

Dans le dernier billet nous avons vu pourquoi les systèmes de covoiturage urbain peinent à trouver leur marché. Allons maintenant à examiner trois modèles de covoiturage urbain qui fonctionnent.

Mais tout d’abord, voici un court-métrage sur le thème du covoiturage:

1: Uber

Le succès de Uber comme forme de covoiturage urbain est dû à son rôle clair: le conducteur ne rejoint pas Uber pour rentabiliser ses trajets en voiture, mais pour rentabiliser la voiture elle-même. Le conducteur se met complètement au service du client, et lui assure un service comparable à celui d’un taxi pour un prix comparable à celui d’un taxi. Le covoiturage urbain devient un vrai service professionnel.

2: le Marshrutka

(source image) Le Marshrutka (nom russe, correspondant au Dolmuş turc, au Pesero mexicain et au  Dollar Van étasunien) amène encore plus loin la professionnalisation du covoiturage commencé par Uber. Les véhicules se spécialisent: les marshrutkas plus petits sont des grandes voitures, les plus grands sont des petits autobus. Le service devient plus organisé, et reprend certains fonction d’ûn bus de ligne. Cette forme de transports peut devenir très utile pour desservir les centres d’affaires mal desservis par les transports publics: dans ce cas, le coût du service de transport est payé par l’employeur. Автобус_Богдан-А1445(source image)

3: le covoiturage « couloir »

Passons à un concept complètement différent. Imaginons une aire urbaine dans laquelle on trouve un couloir où:

  • il y a beaucoup de trajets en voiture, à toutes heures de la journée.
  • les trajets sont assez homogènes, avec la même origine et la même destination.
  • les transports publics sont très peu développés.

Dans ce cas là, le covoiturage urbain a toutes les chances pour fonctionner:

  • il y a un seul trajet possible: toutes les voitures partent du même endroit et arrivent au même endroit.
  • les conducteurs doivent faire très peu de détours pour chercher et déposer leur passagers.
  • la distance parcourue est assez grande pour que le covoiturage soit financièrement intéressant
  • il y a assez de voitures dans le couloir: le covoiturage offre plus de flexibilité que les transports publics.

Un exemple de ce couloir est Genève-Annecy: un trajet où on peut trouver du covoiturage à toutes heures.