Créez une Rambla!

Vous avez une route trop large que vous n’utilisez pas? Vous aimeriez en faire quelque chose d’autre que un parking à voitures? Créez une Rambla!

DSCN1947[1]La Rambla est une route de 25-30 m de large, divisée en trois parties.

Les deux parties proches des façades des immeubles sont dédiées au trafic véhiculaire. Dans chaque partie, on trouve:

  • un tout petit trottoir, collé aux façades des immeubles bordant la rue
  • une file de cases de stationnement longitudinales
  • une voie de circulation
  • une deuxième file de case de stationnement longitudinale

DSCN1946[1] La partie centrale est réservée aux piétons. On y trouve notamment:

  • des arbres
  • des bancs
  • des terrasses de café. Les serveurs des cafés situés le long de la Rambla traversent la voie dédiée au stationnement et à la circulation pour aller servir leur clients sur ces terrasses.

DSCN1952[1] DSCN1951[1]DSCN1944[1] Des fois, à la place d’une case de stationnement on peut placer du mobilier urbain, comme les conteneurs dans la photo ci-dessous:DSCN1945[1]Et des fois, on peut placer le long de la Rambla quelques bâtiments plus importants: dans ce cas, la station du Tram (qui ressemble plutôt à un petit métro) et qui crée une petite place sur un côté de la rue.DSCN1954[1]

Pour une rue comme celle-ci nous aurons les largeurs suivantes:

  • trottoir côté façade:            1.00 m
  • case de stationnement:      2.00 m
  • allée de circulation:             3.50 m
  • case de stationnement:      2.00 m
  • esplanade centrale:          10.00 m
  • case de stationnement:      2.00 m
  • allée de circulation:             3.50 m
  • case de stationnement:      2.00 m
  • trottoir côté façade:            1.00 m
  • TOTAL                              27.00 m

On peut aussi éliminer le parking du côté de l’esplanade, et avoir une esplanade plus large:

  • trottoir côté façade:            1.00 m
  • case de stationnement:      2.00 m
  • allée de circulation:             3.50 m
  • esplanade centrale:          14.00 m
  • allée de circulation:             3.50 m
  • case de stationnement:      2.00 m
  • trottoir côté façade:            1.00 m
  • TOTAL                              27.00 m

DSCN1955[1]

La rue illustrée dans ces photos est le « Passeig del Saladar » à Dénia:  c’est une route relativement défilée dans un quartier à l’apparence populaire. On y trouve pas mal de petits commerces de proximité. 

La délocalisation individuelle

Les commentaires sur mon billet précédent sur le Pueblo Mascarat à Altéa ont fait sortir un point intéressant. En Espagne, la plupart des nouvelles constructions en bord de mer sont destinées à des retraités ou des vacanciers de l’Europe du Nord (Suisse, Allemagne, Royaume-Uni), tandis que les Espagnols sont obligés à se loger loin de la côte pour trouver quelque chose d’abordable.

C’est la conséquence d’un phénomène que je suis en train d’observer dans mes recherches pour mon atelier sur la Vie Nomade, celui de la Délocalisation Individuelle.

Pour commencer, regardons la répartition de la population en Europe.

Population_density_Europe(source image)

On observe qu’il existe une région centrale très dense, l’Europe Rhénane, qui va de l’Italie du Nord à l’Angleterre, en passant par la Suisse, l’Allemagne, l’Est de la France et le Benelux. On peut la voir en détail dans la carte ci-dessous.

Carte_Europe_rhénane_5_nomenclature (source image)

C’est une région constituée de plusieurs villes de 100’000 à 1’000’000 d’habitants, distant environ 50-100 Km l’une de l’autre. Les transports entre les différentes villes sont très développés (autoroutes, chemin-de-fer) et permettent de passer très rapidement d’une ville à l’autre.

Les villes de l’Europe Rhénane partagent des caractéristiques qui les rendent très attractives pour tous ceux qui désirent avancer dans leur carrière professionnelle, notamment:

  • une concentration d’activités industrielles et tertiaires: des ports, des centres de production industrielle, des places financières, des universités de renom.
  • des infrastructures très efficientes, qui permettent d’aller facilement d’une ville à l’autre.
  • un taux de chômage très bas, et des salaires relativement hauts.

Ces villes partagent aussi une série d’inconvénients, qui les rendent très peu attractives pour ceux qui n’ont pas la réussite professionnelle comme objectif primaire:

  •  un coût de la vie plus haut de la moyenne, notamment dans le domaine du logement.
  • un climat relativement froid, avec des hivers neigeux et des étés courts et pluvieux
  •  un environnement très urbanisé et parfois pollué (notamment dans la plaine du Pô  et dans les bassins miniers du Nord de l’Allemagne)

À partir de cette considération, on peut envisager des scénarios de localisation personnalisés selon les objectifs professionnels de chacun.

  1. Les professionnels qui songent à développer leur carrière, et qui souhaitent un parcours professionnel classique (travailler dans un bureau de 9h à 17h) ont intérêt à se localiser dans une ville de cette région, et à payer le prix d’une localisation centrale.
  2. Ceux qui exercent un métier nécessitant un contact continu avec la clientèle (commerçant, restaurateurs, administration publique) ont aussi besoin de se localiser au plus près de ces villes. Leur budget plus limité les oblige à faire des choix: soit ils restent en ville et réduisent leur dépenses au minimum (logement plus petit, moins de sorties), soit ils trouvent un logement en banlieue ou dans un village à proximité, et viennent travailler en ville chaque matin, avec les inconvénients qui vont avec (bouchons sur la route, transports publics bondés etc.).
  3. Ceux qui exercent un métier nécessitant un contact avec la clientèle très sporadique (1-2 fois par semaine max.) peuvent décider de s’éloigner des villes principales et vivre et travailler dans une ville plus petite et moins chère.
  4. Ceux qui exercent un métier qui ne nécessite pas un contact direct avec la clientèle (par exemple, tous les métiers du web, les écrivains, les photographes), ainsi que les retraités, ont tout intérêt à faire du télétravail, quitter complétement cette région (en revenant juste de temps à autre pour faire du démarchage de clients) et partir s’installer dans un pays moins cher et avec un climat plus clément.

Calle_típica_Altea_AlicanteUn bon plan pour télétravailler: l’Espagne. (source image)

Et là on revient au discours précédent. Dans leur nouveau pays, télétravailleurs et retraités deviennent la nouvelle élite:

  • Ils gagnent moins que un travailleur de l’Europe Rhénane, mais plus que la moyenne des travailleurs locaux (grâce au décalage dans le coût de la vie des différents pays, un petit salaire en Suisse devient un grand salaire en Espagne).
  • Ils stimulent l’économie locale: le télétravailleurs et les retraités deviennent la clientèle privilégiée de toute une série d’entreprises (entreprises du bâtiment, commerces, restauration etc.)
  • Ils reproduisent en petit l’ensemble des inégalités qui ont laissé dans leur pays d’origine: en Suisse, une élite de riches expatriés se loge dans les meilleurs endroits; en Espagne, une élite de retraités et télétravailleurs suisses se loge également dans les meilleurs endroits.

Le Pueblo Mascarat à Altéa

Cet été j’ai fait un tour en Espagne. Et comme un architecte en vacances est toujours un architecte, j’ai profité de mon voyage pour explorer un peu l’architecture du lieu.

Pour commencer, voici le Pueblo Mascarat à Altéa.

Le pueblo Mascarat est un quartier construit à 5-6 km du centre-ville de Altéa, et constitué principalement de maisons de vacances. Ce qui rend ce quartier différent des autres quartiers touristiques de la région est sa conformation, organisée sous forme de petits villages.

plan 1

plan 2

plan 3(images: google maps)

Les villages sont organisés autour de deux routes parallèles: une route centrale, bordée de maisons sur les deux côtés, et une route de corniche, ouverte sur la mer.

route 7

route 8

route 9

route 10

route 5

route 6(source images: google maps) Quelques images de la rue centrale. Les bâtiments sont organisés de manière à reprendre les proportions d’un village traditionnel:

  • des rues étroites,
  • des fronts bâtis divisés en unités plus petites, toutes différentes entre eux
  • des terrasses et loggias de taille différente

route 1

route 2

route 3

route 4(source images: google mapsQuelques images de la route de corniche. Comme points négatifs, nous pouvons remarquer:

  • la couleur très uniforme des différentes unités. On sent bien que c’est une construction édifiée d’un seul tenant, et pas un ensemble construit de manière organique au fil des années.
  • le manque de connexion avec les transports publics. L’arrêt du tram le plus proche (Olla Altéa) est à 4.5 km. De là, on peut marcher le long de la plage pendant 1h ou prendre un taxi pour environ 10 EUR: faisable si on veut passer une journée sur place, mais peu pratique si on veut rester plus longtemps.
  • L’offre très réduite de commerces de proximité. (il y a quand même des restaurants pas mal le long de la plage)

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FOTO_ID257_21(images: teresa jordá servicios inmobiliarios) Quelques autres images du quartier et de ses appartements.

On retrouve ici pas mal d’éléments en commun avec le projet de Léon Krier pour Tor Bella Monaca à Rome: le même rapport entre la route, les arbres et les constructions, le même usage des loggias pour définir le caractère des bâtiments… seul le contexte change!

La Vie Nomade comme programme éducatif

Je suis en train d’étudier toutes les différentes formes de vie nomade: J’ai rencontré pas mal de gens qui vivent entre plusieurs pays (dans ce sens, les bus internationaux sont une mine d’or), j’ai lu pas mal de sites web (je recommande notamment « Vie Nomade » et le groupe FB « The Life Nomadic« ) et j’ai recueilli pas mal d’expériences intéressantes.

Par contre, toutes les expériences que j’ai recueilli pouvaient se classer dans deux catégories:

  • les jeunes (20 à 40 ans) célibataires qui prennent une année sabbatique pour faire le tour du monde. Certains d’entre eux rentrent dans une dynamique alternée (quelques mois à travailler – quelques mois à voyager) ou se lancent dans un métier qui peut être exercé à distance (notamment les métiers du web).
  • Les retraités, avec des enfants déjà grands, qui vendent leurs propriétés en Suisse et partent voyager dans les pays du Sud (la plupart en Espagne, mais aussi dans des autres pays chauds et pas chers).

Domo-Costa-Blanca-Express-2015_FRZ(source image)

Par contre, ce que je n’avais pas rencontré jusqu’à présent étaient les familles: si on se fie aux récits de mes compagnons de voyage, le parcours de vie d’un voyageur pourrait se résumer à ça:

  • entre 20 et 40 ans: voyage à travers le monde, avec quelques petites pauses et quelques petits boulots pour mettre du beurre dans ses épinards
  • entre 40 et 60 ans: on se pose, on prend un travail stable, une maison et on arrête tout pour faire des enfants
  • dès 60 ans, et dès que les enfants ont quitté le nid: on vend la maison et on part voyager dans un pays chaud et pas cher.

À la recherche d’autres histoires (l’idée de devoir choisir entre faire des enfants et voyager ne m’attire pas trop) j’ai continué mes recherches, pour enfin tomber sur le témoignage de Escape Artistes qui fait un excellent bilan de 4 ans de voyage en tant que mère célibataire d’un enfant d’environ 10 ans. Pour elle, la question la plus fréquente était:

Comment éduquer un enfant tout en ayant une vie nomade?

à laquelle on répond que

La vie Nomade est déjà un programme éducatif.

Un enfant impliqué dans une vie nomade aura la possibilité d’expérimenter à la première personne le style de vie de pays différents et de voir directement des lieux, des témoignages, des animaux et des plantes dont on parle dans les programmes d’école: chaque découverte dans ce genre est une occasion de stimuler sa curiosité et d’apprendre des nouvelles choses.

Voici quelques exemple d’expériences et de rencontres qui pourraient stimuler la curiosité d’un enfant: Grands_Gouletsles Sciences de la Terre – et peut-être aussi l’Histoire (source image)

-_7758_–_Actias_luna_–_Luna_Moth_(16265177215)la Biologie (source image)

PalPapiViterbol’Histoire (source image)

Je profite de ces trois images pour tester l’inventivité de mes lecteurs: Seriez-vous capables de créer, à partir de ces trois images, trois histoires capables de stimuler la curiosité d’un enfant? Envoyez-moi vos réponses, les meilleures seront publiées!  

Et pour les choses qu’on ne peut pas apprendre sur le tas, on peut toujours trouver une solution: caler les devoirs des enfants sur les périodes de travail à la maison des parents, organiser des cours privés ou en petits groupes…

Pour aller plus loin sur ce sujet, voici quelques billets intéressants de Escape Artistes:

Des autres idées se trouvent dans la foire aux questions de Faire l’École En Liberté.

Atelier « La Vie Nomade », 1 septembre 2015 à Romont

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Après la pause estivale, on reprend avec les ateliers à la Maison Verte de Romont. et on reprend avec:

1 septembre: La Vie Nomade

La vie est courte, les endroits à voir sont nombreux, et deux semaine en été suffisent rarement à satisfaire toutes nos envies de voyage. Donc, pourquoi pas essayer une vie nomade?

Cet atelier vous montrera les différentes possibilités de vivre une vie nomade, vous renseignera sur les obstacles les plus communs et vous donnera des pistes pour les dépasser.

Le prix d’entrée est de 30 CHF (25 CHF pour les inscription faites à l’avance). Pour s’inscrire, c’est par ici.

Création d’une coopérative d’habitation dans le canton de Genève

Dans le billet précédent nous avons vu qu’il y a deux marchés bien différents dans l’habitat résidentiel dans les agglomérations de Genève et Lausanne. D’un côté, on a des terrains:

  • de propriété des privés
  • sur lesquels on fait uniquement des projets d’habitat spéculatifs
  • sur lesquels on fait des petits projets (2 à 10 logements) dans des délais très courts (2-5 ans).

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et de l’autre, des terrains:

  • de propriété des collectivités publiques
  • sur lesquels on fait un certain pourcentage de projets d’habitat à prix coutant et un certain pourcentage de projets d’habitat spéculatif.
  • Sur lesquels on fait des grands projets (20 à 100 logements) dans des délais très longs (10 à 15 ans).

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Et comme conséquence:

  • Les projets d’habitat à loyer modéré prennent plus de temps à se réaliser que les projets d’habitat spéculatif, ce qui produit une suroffre d’habitat spéculatif et une pénurie d’habitat à loyer modéré.

Pour sortir de cet état de choses, et produire davantage de logements à loyer modéré, je lance un projet de:

coopérative d’habitation

basée sur les principes de Metamorp-house, de Monte Sacro et de l’écovillage dispersé.

100D2092

  • le but de cette coopérative sera la création de logements à prix coûtant sur des terrains actuellement disponibles sur le marché, et de sortir ces terrains de la spéculation.
  • la coopérative privilégiera des petits projets (4 à 10 logements) sur des délais relativement courts (1 à 2 ans).
  • La coopérative produira des logements à prix coûtant. Dans le canton de Genève on peut envisager 2’400 CHF/mois pour un 4 pièces de 70 m2.
  • La coopérative pourra intégrer des commerces de proximité dans ses immeubles.

100D2093

Si ce projet vous intéresse, n‘hésitez pas à me contacter!

État des lieux de l’habitat à loyer modéré

Ça fait un moment que je me penche sur la question de l’habitat à loyer modéré à Lausanne et à Genève, et le moment est venu de faire le point sur la situation actuelle.

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  • Presque toutes les coopératives construisent sur des terrains mis à disposition par les collectivités publiques. Coopératives d’habitation et promoteurs traditionnels travaillent donc sur deux marchés complétement différents, et sont rarement en concurrence sur le même terrain. La concurrence s’exerce plutôt entre les différentes coopératives.
  • Dans la plupart des terrains mis à disposition par les collectivités publiques le cahier des charges du projet (notamment le montant de loyers) est défini par les collectivités publiques elles-mêmes. Il arrive assez fréquemment que les loyers proposés sur ces terrains par les coopératives et ceux proposés par les promoteurs classiques soient dans la même fourchette de prix. On peut donc affirmer que ce n’est pas la concurrence entre promoteurs et coopératives qui décide les futurs loyers, mais ce sont les collectivités publiques qui décident de cette répartition: les opérateurs privés se chargent uniquement de mettre en pratique ce qui a été décidé par les collectivités publiques.
  • La plupart des terrains fournis par l’état ou la commune se trouvent dans des zones soumises à planification de détail (PLQ dans le canton de Genève, PPA dans le canton de Vaud), ce qui fait que un projet sur ces terrains prend énormément plus de temps (10 à 15 ans) que un projet sur un terrain non soumis à planification de détail (2 à 5 ans). Comme conséquence, les projets d’habitat à loyer modéré prennent plus de temps à se réaliser que les projets d’habitat spéculatif, ce qui produit une suroffre d’habitat spéculatif et une pénurie d’habitat à loyer modéré. (pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez regarder ma série sur la densification ici: 1,2,3,4,5,6)

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Donc, comme conséquence de cet état de choses, on se retrouve avec des terrains:

  • de propriété des privés
  • sur lesquels on fait uniquement des projets d’habitat spéculatifs
  • sur lesquels on fait des petits projets (2 à 10 logements) dans des délais très courts (2-5 ans).

DSCN0338

et des terrains:

  • de propriété des collectivités publiques
  • sur lesquels on fait un certain pourcentage de projets d’habitat à prix coutant et un certain pourcentage de projets d’habitat spéculatif.
  • Sur lesquels on fait des grands projets (20 à 100 logements) dans des délais très longs (10 à 15 ans).

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Comment peut-on sortir de cette situation? la réponse dans le prochain billet.